Et voilà, nous sommes revenus sous les cieux de notre bonne vieille capitale. Le départ de Tallinn s'est effectué (presque) sans regrets, puisque le temps avait décidé de virer nettement plus couleur locale (fraîcheur, nuages et même quelques petites gouttes). Echaudés par notre expérience du départ, nous avions pris nos précautions et sommes arrivés très en avance, ce qui était totalement inutile vu qu'il n'y avait qu'un seul avion qui partait à l'heure où nous étions à l'aéroport. Résultat, nous avons attendu au café devant un solide petit déjeuner.
Le vol s'est déroulé avec les réjouissances d'usage, particulièrement animé par la présence d'une famille derrière nous, et dont la mère parvenait à gérer admirablement bien les deux gamines chouinantes et jamais à court de questions. C'est ainsi que nous avons eu droit à la totalité du descriptif des consignes de sécurité, ainsi que l'explication des différentes manoeuvres de l'avion au décollage et à l'atterrissage, pourquoi les panneaux des ailes se relèvent pour freiner, pourquoi il y a des turbulences quand on traverse la couche nuageuse, etc.
Admiratifs, nous nous sommes dits que, décidément, parent, c'est un métier !
lundi 13 août 2007
samedi 11 août 2007
Et, pour finir, de la torture, et un vrai repas Estonien [J+9]
Attention, je ne veux pas suggérer qu'un vrai repas Estonien est une torture; mais il y a quand même un lien (ténu et au mieux potentiel) comme on le verra. Toutefois, ne bouleversons pas la chronologie...
Comme il se doit, lors de tout voyage, il convient de consacrer une demi-journée au moins aux achats, histoire de rapporter un petit quelque-chose aux "gens". Tout ne peut pas se faire électroniquement. Justine a donc filé ce matin au Rimi tandis que, je le confesse, je travaillais (j'avais prévu de faire une petite sieste pour récupérer d'une nuit écourtée d'un bout par une insomnie, de l'autre par un réveil anticipé, mais il est difficile de se rendormir après un petit déjeuner). Nous nous retrouvâmes néanmoins pour un pique-nique dans un parc, malheureusement écourté par l'arrivée d'une bande de Russes, dont les éructations éthyliques nous chassèrent, puisqu'ils décidèrent de s'installer, en entreprenant de se racler le tréfonds de la gorge, à l'autre extrémité des marches qui nous servaient de banc.
Refusant de se laisser abattre, nous rejoignîmes, une fois de plus, le Honky Tonk Cantina, où je ne résistai pas à tester une autre des innombrables spécialités, une tortilla fourrée de fruits et caramélisée à la cannelle, accompagnée d'une cafetière d'un litre! Le bonheur, n'est-ce pas! Nous prîmes quelques photo, et Justine entreprit de me photographier pour de bon, ce qui amusa beaucoup un Italien francophone et compatissant, que son épouse mitraillait au même instant.
J'immortalisai ensuite le barman derrière son comptoir, lui promettant de faire à son établissement une réputation flatteuse auprès de mes amis Français, ce que je suis justement en train de faire...
L'après-midi était déjà bien avancée. Nous avions pris notre temps pour rédiger les cartes postales, et appris du barman comment se dit "France" en estonien: Prantsusmaa (à vrai dire, nous nous le sommes fait écrire sur l'une des cartes, et nous avons ensuite consciencieusement recopié ce que nous y lisions sur les autres). La chaleur de l'après-midi eut donc raison de nos velléités de visite du Kumu.
A la place, nous avons visité un musée des instruments de torture (présenté, sur le dépliant publicitaire, comme "médiéval", bien qu'il s'agisse, on s'en doute, de tortures d'Inquisition, comme la "Vierge de Nüremberg"). Le bâtiment valait bien qu'on y entrât rien que pour le voir (enfin, on n'en voyait qu'une salle, mais fort agréable).
Nous sommes ensuite retournés à l'hôtel, puis nous avons (habitude bien établie) fait une petite sieste. Enfin, nous sommes partis pour notre (dernière) véritable aventure: un dîner "typiquement" Estonien. Tout d'abord, le restaurant lui-même, le Eesti Maja, ressemble à un vestige de "l'époque": en sous-sol, on y accède par un escalier qui ne paye pas de mine, au pied d'une barre d'immeuble toute soviétique. L'intérieur est composé de plusieurs salles, de bric et de broc (nous avons eu une place dans cette salle-là, du côté de la fresque, juste à côté du lapin, mais on ne le voit pas bien sur la "visite virtuelle"). Bien que Justine ait voulu tener le boudin à la confiture de fraise (ou à la gelée de groseille, je ne sais plus...), nous nous sommes décidés pour un plat commun: "A Fellow Estonian" ["Teine eestlane"], du proverbe estonien (appris dans la carte du restaurant) qui veut que le meilleur dîner, pour un Estonien, soit encore qu'on lui serve... un autre Estonien! Mais qu'on se rassure (et c'est là le lien ténu avec les tortures), il n'est nullement question de se voir servi un pauvre Estonien démembré et rôti...
Sur un plat de grande taille (on pourrait manger à bien plus de deux) étaient dressés salade, légumes poêlés, pommes de terre sautées, beignets d'oignon, escalopes de porcs grillées avec des aromates, le tout agrémenté de fruits (poire, orange, abricot et prune) frais, le tout arrosé, comme il se doit, d'une gigantesque Saku. Une fois fait un sort au plat, restait un dessert: une coupe de fruits rouges, agrémentés de crême. Enfin, un café. Pour donner une idée de la délicatesse des Estoniens, notons que le café, qui n'est pas annoncé comme étant inclus, ainsi que le verre d'eau gazeuse (que nous avions demandé "en plus") nous ont été offerts, sans doute parce que la carte précisait que le repas était "complet"...
Au moment de payer, nous avons brièvement vu, sur une petite télévision, que la deuxième chaîne estonienne donnait, ce soir, Last Action Hero, et Justine payait la note quand Schwarzie, en Hamlet, allume son cigare et prononce "Not to be". J'avoue ne pas avoir, à ma grande honte, réussi à retenir le sous-titre en estonien...
Comme il se doit, lors de tout voyage, il convient de consacrer une demi-journée au moins aux achats, histoire de rapporter un petit quelque-chose aux "gens". Tout ne peut pas se faire électroniquement. Justine a donc filé ce matin au Rimi tandis que, je le confesse, je travaillais (j'avais prévu de faire une petite sieste pour récupérer d'une nuit écourtée d'un bout par une insomnie, de l'autre par un réveil anticipé, mais il est difficile de se rendormir après un petit déjeuner). Nous nous retrouvâmes néanmoins pour un pique-nique dans un parc, malheureusement écourté par l'arrivée d'une bande de Russes, dont les éructations éthyliques nous chassèrent, puisqu'ils décidèrent de s'installer, en entreprenant de se racler le tréfonds de la gorge, à l'autre extrémité des marches qui nous servaient de banc.
Refusant de se laisser abattre, nous rejoignîmes, une fois de plus, le Honky Tonk Cantina, où je ne résistai pas à tester une autre des innombrables spécialités, une tortilla fourrée de fruits et caramélisée à la cannelle, accompagnée d'une cafetière d'un litre! Le bonheur, n'est-ce pas! Nous prîmes quelques photo, et Justine entreprit de me photographier pour de bon, ce qui amusa beaucoup un Italien francophone et compatissant, que son épouse mitraillait au même instant.
J'immortalisai ensuite le barman derrière son comptoir, lui promettant de faire à son établissement une réputation flatteuse auprès de mes amis Français, ce que je suis justement en train de faire...L'après-midi était déjà bien avancée. Nous avions pris notre temps pour rédiger les cartes postales, et appris du barman comment se dit "France" en estonien: Prantsusmaa (à vrai dire, nous nous le sommes fait écrire sur l'une des cartes, et nous avons ensuite consciencieusement recopié ce que nous y lisions sur les autres). La chaleur de l'après-midi eut donc raison de nos velléités de visite du Kumu.
A la place, nous avons visité un musée des instruments de torture (présenté, sur le dépliant publicitaire, comme "médiéval", bien qu'il s'agisse, on s'en doute, de tortures d'Inquisition, comme la "Vierge de Nüremberg"). Le bâtiment valait bien qu'on y entrât rien que pour le voir (enfin, on n'en voyait qu'une salle, mais fort agréable).Nous sommes ensuite retournés à l'hôtel, puis nous avons (habitude bien établie) fait une petite sieste. Enfin, nous sommes partis pour notre (dernière) véritable aventure: un dîner "typiquement" Estonien. Tout d'abord, le restaurant lui-même, le Eesti Maja, ressemble à un vestige de "l'époque": en sous-sol, on y accède par un escalier qui ne paye pas de mine, au pied d'une barre d'immeuble toute soviétique. L'intérieur est composé de plusieurs salles, de bric et de broc (nous avons eu une place dans cette salle-là, du côté de la fresque, juste à côté du lapin, mais on ne le voit pas bien sur la "visite virtuelle"). Bien que Justine ait voulu tener le boudin à la confiture de fraise (ou à la gelée de groseille, je ne sais plus...), nous nous sommes décidés pour un plat commun: "A Fellow Estonian" ["Teine eestlane"], du proverbe estonien (appris dans la carte du restaurant) qui veut que le meilleur dîner, pour un Estonien, soit encore qu'on lui serve... un autre Estonien! Mais qu'on se rassure (et c'est là le lien ténu avec les tortures), il n'est nullement question de se voir servi un pauvre Estonien démembré et rôti...
Sur un plat de grande taille (on pourrait manger à bien plus de deux) étaient dressés salade, légumes poêlés, pommes de terre sautées, beignets d'oignon, escalopes de porcs grillées avec des aromates, le tout agrémenté de fruits (poire, orange, abricot et prune) frais, le tout arrosé, comme il se doit, d'une gigantesque Saku. Une fois fait un sort au plat, restait un dessert: une coupe de fruits rouges, agrémentés de crême. Enfin, un café. Pour donner une idée de la délicatesse des Estoniens, notons que le café, qui n'est pas annoncé comme étant inclus, ainsi que le verre d'eau gazeuse (que nous avions demandé "en plus") nous ont été offerts, sans doute parce que la carte précisait que le repas était "complet"...
Au moment de payer, nous avons brièvement vu, sur une petite télévision, que la deuxième chaîne estonienne donnait, ce soir, Last Action Hero, et Justine payait la note quand Schwarzie, en Hamlet, allume son cigare et prononce "Not to be". J'avoue ne pas avoir, à ma grande honte, réussi à retenir le sous-titre en estonien...
Le pays des mémères [Tallinn special]
L'Estonie est vraiment un pays pour moi. D'abord, parce que vu la couleur de mes cheveux et de mes yeux, tout le monde me prend pour une locale, ce qui a l'avantage d'éviter les désagréments du genre de ceux que je subis dès que je passe la Loire, au-delà de laquelle tout le monde s'imagine que parce que je suis blonde, je prends mieux les innombrables sollicitations masculines et pas toujours bienveillantes dont je suis l'objet (je ne dis pas ça pour me vanter, hein, je ne suppose pas avoir d'autre attrait dans ces cas-là que d'être une femme et blonde, justement). Evidemment, le revers de la médaille est que dès que quelqu'un s'adresse à moi, c'est d'abord en estonien, ce qui produit immanquablement chez moi un air ahuri de la plus belle eau, et un air non moins ahuri de la part de l'interlocuteur (le phénomène s'est répété également à Helsinki, en finnois, c'est qu'il doit donc y avoir quelque chose de vrai là-dedans!), avant que nos deux langages s'accordent sur une variante plus anglo-saxonne.
Ensuite, c'est un pays où, dès qu'il se trouve une montée un peu ardue (que ce soit l'escalier menant au clocher d'Oleviste kirik ou Pikk Jalg qui monte vers Toompea), des petits sièges sont disposés à intervalles réguliers du parcours, pour permettre un repos parfois mérité, et de toute façon bienvenu. Remercions les Tallinnois pour cette délicate attention envers les touristes et les petits vieux, les premiers repartant ainsi enchantés par leur visite et non pas harassés par des kilomètres de marche sur les rues pentues et pavées, les seconds évitant ainsi les désagréments d'une crise cardiaque, même si, comme le dit Stendahl, il n'y a pas de mal à mourir en pleine rue pourvu qu'on ne le fasse pas exprès.
Enfin, et c'est peut-être là la chose la plus délicieuse, la variante locale de la terrasse chauffée s'appelle... le plaid. Eh oui, sur la plupart des terrasses, des piles de couvertures soigneusement pliées sur une chaise sont laissées à la disposition des clients pour qu'ils puissent s'y enrouler dès qu'une petite brise rafraîchit l'air. Ceux qui me connaissent bien imagineront sans peine mon ravissement quand j'ai vu que je pourrais me tenir sur les terrasses tallinnoises à peu près dans la même posture et la même tenue que sur mon canapé lillois, c'est-à-dire soigneusement enveloppée dans un gigantesque plaid en polaire. Malheureusement, la canicule de ce mois d'août a rendu l'usage des plaids quelque peu inutile pour l'instant, mais je compte bien revenir sous des cieux plus cléments (et donc plus froids) pour profiter de ce petit plaisir local et faire ainsi ma "mémère" à Tallinn.
Ensuite, c'est un pays où, dès qu'il se trouve une montée un peu ardue (que ce soit l'escalier menant au clocher d'Oleviste kirik ou Pikk Jalg qui monte vers Toompea), des petits sièges sont disposés à intervalles réguliers du parcours, pour permettre un repos parfois mérité, et de toute façon bienvenu. Remercions les Tallinnois pour cette délicate attention envers les touristes et les petits vieux, les premiers repartant ainsi enchantés par leur visite et non pas harassés par des kilomètres de marche sur les rues pentues et pavées, les seconds évitant ainsi les désagréments d'une crise cardiaque, même si, comme le dit Stendahl, il n'y a pas de mal à mourir en pleine rue pourvu qu'on ne le fasse pas exprès.
Enfin, et c'est peut-être là la chose la plus délicieuse, la variante locale de la terrasse chauffée s'appelle... le plaid. Eh oui, sur la plupart des terrasses, des piles de couvertures soigneusement pliées sur une chaise sont laissées à la disposition des clients pour qu'ils puissent s'y enrouler dès qu'une petite brise rafraîchit l'air. Ceux qui me connaissent bien imagineront sans peine mon ravissement quand j'ai vu que je pourrais me tenir sur les terrasses tallinnoises à peu près dans la même posture et la même tenue que sur mon canapé lillois, c'est-à-dire soigneusement enveloppée dans un gigantesque plaid en polaire. Malheureusement, la canicule de ce mois d'août a rendu l'usage des plaids quelque peu inutile pour l'instant, mais je compte bien revenir sous des cieux plus cléments (et donc plus froids) pour profiter de ce petit plaisir local et faire ainsi ma "mémère" à Tallinn.
vendredi 10 août 2007
Voyage au bord du Rio Grande [J+8]
Après la journée d'hier, le réveil ce matin fut difficile, et la mise en route encore plus. Nous avons décollé tard dans la matinée, ayant remis à plus tard l'idée d'une autre balade à vélo dans la ville. Nous sommes plutôt allés faire un petit tour dans un charmant
quartier du nord de la ville, tout près de notre hôtel, Kalamaja. C'est en fait le plus ancien faubourg de Tallinn, occupé dès le Moyen-Age par des pêcheurs (encore une petite leçon linguistique: Kalamaja signifie "Maison de poisson" en estonien). Les maisons sont en bois, entourées de petits jardins, et un parc que traverse une voie ferrée (désaffectée, ou pas, c'est difficile de dire en Estonie, la population locale considérant le train comme un moyen de transport datant de l'arrivée des premières tribus finno-ougriennes sur le territoire) termine le quartier. Le tout donne, évidemment, sur la mer, ce qui ne gâche rien.
Nous sommes ensuite redescendus vers la ville en faisant un petit détour par Jaama Turg (je sais, le site est en russe ou en estonien, ce qui ne nous aide pas beaucoup, mais bon...), le marché russe de Tallin, une espèce de version locale du souk marocain, moins tassé mais tout aussi chaotique, dont les petites échoppes sont remplies de tout un bric-à-brac improbable, allant des DVD pour enfants aux cornichons malossols, en passant par une meuleuse-fraiseuse et une caisse à chat (dans le même stand, si! si!). Une mention spéciale doit être faite pour une boutique de brocanteur spécialisé dans les vestiges de l'ère soviétique, où Emmanuel a dû me retenir pour que je n'en ressorte pas avec un portrait de Lénine (une superbe peinture, encadrée!) ou tout un stock d'affiches réalistes-socialistes contre l'alcoolisme du travailleur.
Petite étape ensuite à Püha Vaimu kirik, une jolie église gothique du XIVe s., où j'ai déposé une bougie à l'intention de deux voyageurs français rencontrés la veille et qui nous avaient demandé de prier de toutes nos forces pour qu'ils trouvent un moyen de rejoindre l'isthme de Courlande depuis la Lettonie. Espérons qu'ils ont trouvé!
Après cette immersion dans le prolétariat russe et la spiritualité luthérienne, nous avons visité le musée d'architecture de Tallinn, enfin, surtout Emmanuel, parce que j'étais tellement fatiguée que je me suis trouvé un canapé à l'étage où j'ai pu comater tout en regardant d'un oeil distrait un documentaire passionnant en estonien sur les techniques de constructions industrielles de la région. Cela dit, le musée est absolument remarquable, tant par sa structure (c'est un ancien grenier à sel) que par ses expositions, qui présentent des maquettes des diverses traditions architecturales estoniennes, depuis les maisons en bois traditionnelles jusqu'aux immeubles modernes, en passant par les réalisations fonctionnalistes tout à fait surprenantes. On a ainsi pu voir que Saarinen avait réalisé plusieurs bâtiments en Estonie.
Le soir, dîner au Honky Tonk, un restaurant tex-mex très sympathique où nous avions déjà fait étape hier soir, dont la cuisine est absolument délicieuse. Qui l'eût cru? Trouver des burritos aussi bons au bord de la Baltique, ainsi qu'un chili mémorable au sujet duquel Emmanuel n'a pas tari d'éloges tout au long du repas, prouve une fois de plus qu'on peut trouver de l'exotisme épicé même dans les contrées reculées du grand nord.Bref, encore une fois, la journée fut bien remplie. Et comme demain est la dernière, je crains qu'elle le soit tout autant!
"Ceux qui puent" [Helsinki Spécial]
Sur l'insistance de Justine, je romps la continuité pour relater une anecdote transmise par Gabriel Sandu, et ayant trait aux ivrognes de Helsinki, lesquels sont une préoccupation quotidienne des habitants de la capitale finnoise tant ils puent (c'est visiblement ce qui gêne le plus, car l'ivrogne finnois reste calme, et boit jusqu'à tomber raide sans jamais faire de scandale). Si bien qu'à l'occasion de l'une des dernières conférences de Helsinki, certains citoyens se sont émus de l'impact de leur présence, en termes d'image, sur l'opinion que se feraient les visiteurs du monde entier de la capitale. Et une campagne de presse a été organisée, nombreux étant ceux qui suggéraient qu'au moins, pour la durée de la conférence, les autorités pourraient, temporairement, "déplacer" ceux qui puent tant, vers la périphérie de la ville. La réponse vint des rangs même des ivrognes, sous la forme d'une lettre ouverte publiée dans un grand quotidien. L'argument, en substance, était le suivant: ce n'est pas parce que l'on est un ivrogne que l'on n'a aucun sens esthétique, et justement, la périphérie de la capitale manque singulièrement de stimulations esthétiques, comparée aux parcs, à l'architecture, etc., de Helsinki (sans oublier les finnoises sveltes et court vêtues qui font leur jogging dans les parcs). Donc, eux aussi avaient le droit de profiter de la vue. D'après Gabriel, les choses en restèrent là. Mais il est vrai que la vie n'est pas si drôle quand on boit (c'est d'ailleurs pour ça qu'on boit), alors il n'y a pas de raison d'être en plus privé des petits plaisirs de l'existence.
jeudi 9 août 2007
Descartes est-il de bon conseil? [J+7]
Commençons, une fois n'est pas coutume, par une vraie photo de vacance, du genre de celles avec lesquelles on peut vous faire chanter pour de bon. Cela dit, c'est aussi une preuve qu'après notre journée à vélo, nous n'avions pas l'air si défraîchis que ça. Bien entendu, nous avons eu notre content d'aventures, et nous avons pu vérifier que la règle de Descartes (pour ne pas se perdre en forêt, poursuivre son chemin dans une direction constante) mène parfois à des culs-de-sac (quoi qu'à pied, nous aurions pu continuer). Cela dit, nous n'avons rencontré, contrairement à David Vincent, aucun envahisseur. Sans doute parce que nous ne cherchions pas un raccourci, mais un chemin autorisé aux vélos, que nous n'avons jamais trouvé.
Ce que nous avons trouvé, toutefois, ce sont des lieux étonnants, comme cette plage presque déserte, à laquelle on accède par un pont suspendu.
Ce ne sont pas vraiment les scènes que l'on s'attendrait le plus à contempler en Estonie.Quant à l'auberge "typique"d'Altja (recommandée par le Lonely Planet, leur "coup de coeur"), elle est tout-à-fait surprenante: son côté "folklorique" (toît de chaume, salle commune ouverte, patron et serveuses en costumes d'époque, etc.) cache en réalité une cuisine sinon raffinée (ce n'est pas l'épithète la mieux appropriée à la cuisine estonienne) du moins délicieuse. J'aurais maudit la bande de touristes allemands (décidément...) responsable de la pénurie de tourte au saumon (Justine seule a pu en avoir une part) si le résultat n'avait pas été de me faire découvrir un plat typique (suggéré par le patron): une purée de pomme de terre à la sauce aux champignons. A ceux qui restent perplexes, je donne rendez-vous pour essayer, je dupliquerai la recette à la maison pour les curieux. Quant au dessert, le fameux kama, c'est en effet délicieux (là aussi, rendez-vous à la maison pour goûter une "re-création", quand je serai parvenu à une approximation décente). La tarte aux myrtilles est également succulente. Bref, suivez les conseils du Lonely, mais n'hésitez pas à vous en écarter, il semble bien que dans cette auberge, tout soit bon.
Quoi qu'il en soit, le VTT s'avère, quand on roule sur du sable derrière Justine, une véritable épreuve, tant elle est à l'aise sur un engin rendu instable par le patinage des roues dans le sable. Nous ne savons pas encore si nous aurons les fesses en état de se poser sur un vélo demain, mais si nous retournons par ce moyen à Pirita (et à sa plage), je tâcherai de rester sur l'asphalte!
Comment j'ai été pris pour un arbre, et comment j'ai rajeuni de vingt ans [J+6]
A vrai dire, de plus de vingt ans. Mais il faudra attendre un peu pour découvrir pourquoi. Commençons par l'expédition à Seurasaari, et son musée en plein air. Semblable, dans son esprit, au Eesti Vabaohumuuseum (cf. J+2), mais en plus petit, le musée est néanmoins très agréable. Nous y sommes parvenus après une longue balade à pied, et comme nous désirions faire quelques courses, nous n'avons pas pu profiter de toutes les attractions offertes: sur la place des fêtes, à laquelle nous ne nous sommes pas rendus, se produisaient des musiciens, et des lectures de poésie devaient avoir lieu.
Dommage que nous ayons été pressés par le temps, car il n'y a rien de mieux pour goûter une langue que d'écouter sa poésie (et particulièrement quand on ne la comprends pas, et qu'on n'est donc pas distrait par le sens). Fidèle à notre réputation, nous avons néanmoins goûté la soupe du jour au café d'Antti. C'est sur le retour qu'un écureuil, que je tentais de prendre en photo (ayant oublié que l'appareil était éteint, mal réglé, etc.), trompé par mon immobilité, me prit pour un arbre, et grimpa quelques instants sur ma jambe. Ce sera sans doute mon plus extraordinaire souvenir de ce séjour.
De retour au centre-ville (en bus, cette fois-ci), nous sommes partis en quête d'un bonnet lapon pour Arja, que nous n'avons finalement pas trouvé. Mais nous avons pu passer chez Marttiini, et c'est là que j'ai rajeuni de plus de vingt ans,
car mon premier poignard (offert par mon-papa-à-moi) était un Marttiini, au dessin typiquement lapon (semblable à celui de gauche). Je suis ressorti avec un canif, au look résolument moderne, et un étui de cuir plus traditionnel (étui qui d'ailleurs est fabriqué en... Estonie, la boucle est bouclée).Notre séjour à Helsinki se termina par une tasse de café accompagnée de gâteau et de chocolat. Que ne sommes-nous restés un soir de plus pour goûter les tortillas que préparaient "entre copines" la fille de la maison et une de ses amies... Ce sera sans nul doute pour notre prochaine visite.
mardi 7 août 2007
Suomenlinna [J+5]
Pleins d'ardeur ce matin, nous avons pris la route pour la forteresse maritime de Suomenlinna, un ensemble d'îles devant la rade d'Helsinki, sur lesquelles a été construite probablement l'une des plus belles villes de garnison au monde. Je sais, certains esprits chagrins se demanderont d'où me vient cet amour soudain pour la chose militaire, et particulièrement pour l'art des fortifications... Peut-être que l'invasion sus-mentionnée des Teutons quelques jours plus tôt a développé chez moi une certaine ardeur belliqueuse (à propos de l'invasion des Germains, j'en étais quand même venue à proposer la décimation, selon la bonne vieille coutume romaine qui veut qu'on exécute indifféremment un soldat sur dix dans la cohorte, en vue d'y rétablir la discipline. M'est avis qu'avec ça, les Allemands auraient moins fait les fiers, et qu'il serait resté du hareng au petit déjeuner!)Vous me direz, ça n'aura pas servi à grand-chose, parce qu'en 1809 la Russie s'est emparée de la Finlande, qui est devenue un grand duché de l'Empire russe. Comme quoi, on a beau se retrancher derrière des kilomètres de mur, quand les Russes ont décidé d'envahir quelque endroit, ils finissent toujours par y arriver (ils continuent jusqu'à maintenant, d'ailleurs, pas plus tard qu'aujourd'hui ils ont bombardé la Georgie).
Nous avons donc profité du soleil finlandais (si! si! j'insiste: il fait ici un temps à faire pâlir d'envie les pubs pour les vacances en Grèce et en Espagne) et fait une visite en règle des fortifications, avec visite des tunnels, repérage des coins les plus sombres et humides qui soient, et petites pauses sur les rochers au bord de la mer. A ce propos, je tiens à faire partager ici à ceux qui me comprennent mon amour de la station assise (ou debout, quand on n'a pas le choix!) face à la mer. Devant l'incompréhension d'Emmanuel, avec qui, donc, je ne peux pas partager ma joie, j'ai besoin de clamer à la face du monde qu'il n'y a rien que j'aime tant que rester à contempler la mer en entendant le bruit de l'eau qui vient se fracasser contre les rochers en contre-bas.
Pour goûter ce plaisir, il faut qu'un certain nombre de conditions très précises soient réunies : d'abord, la mer, cela va de soi, ensuite des rochers, sur lesquels on puisse s'asseoir et aussi contre lesquels la mer puissent venir se jeter, puis un lieu relativement retiré, pour éviter les foules de touristes ou les familles traînant une marmaille fatiguée et braillarde, enfin une dose de vent adéquate. C'est peut-être là ce qui est le plus difficile à obtenir: ni trop (on ne tient pas sur son rocher, qui est souvent pentu et/ou escarpé) ni trop peu (on a l'impression de se tenir devant une soupe tiède et immobile, ce qui n'est pas vraiment propice à la méditation). Bref, vous l'aurez compris, je suis assez exigente en matière de point de vue face à la mer (vous aurez remarqué que je n'ai pas compté le beau temps parmi les conditions, parce que la mer est belle aussi sous la pluie ou par temps gris), et là, je dois dire que les conditions n'étaient pas mal du tout.Après un pique-nique au bord de la mer, nous avons repris le bac pour rentrer sur la place du marché, où nous avions acheté le matin même un litre de fraises (eh oui, ici, les fruits rouges se vendent au litre) que nous avions immédiatement dévorées (et qui ne sont pas loin d'être les meilleures fraises que j'ai jamais mangées, même si sur ce point nos avis divergent, Emmanuel et moi). Nous avons d'ailleurs constaté avec surprise que les gens ici mangent les petits pois crus... Mais c'est une autre histoire, que nous vous raconterons plus tard.
lundi 6 août 2007
Pourquoi le hareng de la Baltique est-il un poisson gras? [J+4]
Parce que la Baltique est une mer froide, pardi! Nous avons une preuve: arrivés aujourd'hui à Helsinki, nous nous y sommes baignés. C'était le premier bizutage organisé pour nous par les Sandu. Le second, c'était le sauna (commun à l'immeuble, et qu'ils avaient réservé pour nous), et le troisième était le saumon mariné du dîner, qui se consomme accompagné de la variante locale de vodka.

Mis à part cela, nous avons visité Helsinki, en particulier son université, et plus précisément le département de philosophie. Sur le palier, un banc flanqué de deux bustes, celui de Georg Henrik Von Wright d'un côté, celui de Jaakko Hintikka de l'autre.
Plus impressionant encore, le bureau de Von Wright (il sert aux visiteurs, Hintikka y vient souvent) dans lequel est conservé le Nachlass de Wittgenstein (tenu ouvert ci-dessous par Gabriel Sandu).
Nous avons pu également voir, grâce à un assesseur particulièrement serviable, la "grande salle" de l'Université (où se déroulent les cérémonies officielles, et certaines défenses de thèses), et visiter la bibliothèque, ouverte en ces temps de vacances (messieurs les Français, prenez-en de la graine), à l'ambiance étonnante.
Le plus étonnant, pour l'instant est l'architecture et l'urbanisme. Côté architecture, allez jeter un oeil là, et suivez les liens, en particulier l'architecture "nationale" de Eliel Saarinen, et celle bien plus moderne de Alvar Aalto (les pages en anglais sont bien plus riches et surtout, plus illustrées). Côté urbanisme, non seulement la ville ressemble à Saint Petersbourg (au point qu'elle a servi de décor pour les tournages de nombre de films hollywoodiens se déroulant en Russie), elle abonde en coins de nature sauvage laissés en l'état (très loin de nos aménagements à la française), et abrite quelques plages en pleine ville, dont celle où nous nous sommes baignés, ce qui nous ramène aux harengs de la Baltique, qui ont, depuis notre bain, toute notre sympathie.

Mis à part cela, nous avons visité Helsinki, en particulier son université, et plus précisément le département de philosophie. Sur le palier, un banc flanqué de deux bustes, celui de Georg Henrik Von Wright d'un côté, celui de Jaakko Hintikka de l'autre.Plus impressionant encore, le bureau de Von Wright (il sert aux visiteurs, Hintikka y vient souvent) dans lequel est conservé le Nachlass de Wittgenstein (tenu ouvert ci-dessous par Gabriel Sandu).

Nous avons pu également voir, grâce à un assesseur particulièrement serviable, la "grande salle" de l'Université (où se déroulent les cérémonies officielles, et certaines défenses de thèses), et visiter la bibliothèque, ouverte en ces temps de vacances (messieurs les Français, prenez-en de la graine), à l'ambiance étonnante.

Le plus étonnant, pour l'instant est l'architecture et l'urbanisme. Côté architecture, allez jeter un oeil là, et suivez les liens, en particulier l'architecture "nationale" de Eliel Saarinen, et celle bien plus moderne de Alvar Aalto (les pages en anglais sont bien plus riches et surtout, plus illustrées). Côté urbanisme, non seulement la ville ressemble à Saint Petersbourg (au point qu'elle a servi de décor pour les tournages de nombre de films hollywoodiens se déroulant en Russie), elle abonde en coins de nature sauvage laissés en l'état (très loin de nos aménagements à la française), et abrite quelques plages en pleine ville, dont celle où nous nous sommes baignés, ce qui nous ramène aux harengs de la Baltique, qui ont, depuis notre bain, toute notre sympathie.
dimanche 5 août 2007
Un tour à vélo, deux musées, un clocher et (presque) pas de photos [J+3]
Le Welcome to Tallinn by bike tour de ce matin fut une réussite. Notre guide, Toomas, nous a conduit jusqu'à Pirita (quartier étendu, et en bord de mer, qui tire son nom du monastère de Sainte Brigitta) et au palais de Kadriorg, auquel Justine à trouvé un air de Villa Doria Pamphili, avant de se voir confirmer par Toomas que l'architecte qui avait réalisé le palais était Italien (et a poursuivi ensuite une carrière prospère à Saint Petersbourg). Pas de photos, toutefois, parce qu'à vélo nous n'avons pas emporté d'appareil. Mais nous retournerons plus longuement dans certains des lieux que nous avons visité aujourd'hui, et ferons quelques photos. En bref: la ville est faite pour être parcourue à vélo, et en revenant d'Helsinki, nous comptons bien en louer.
Après une bonne douche, et un déjeuner au Molly Malone's, nous sommes allés visiter, dans l'ordre, le musée d'histoire de l'Estonie (joli, petit, où l'on voit que les choses, c'est-à-dire les huttes finno-ougriennes, commencent à changer, en mieux, avec l'arrivée des Vikings, et que les Estoniens ont bien avant les Français fait décapiter leurs nobles), l'Eglise Saint Olaf
(Oleviste en v.o.) et son clocher qui fut, avant d'être raccourci par la foudre, le plus haut de son temps (150m et plus), et le musée de la Marine (où nous avons pu voir les fameuses boîtes de sprat qui ont rendu Tallinn célèbre dans toute l'URSS). Nous sommes montés au clocher de Saint Olaf, mais il n'y a pas de photos, en dehors de celles qui montrent la structure intérieure: comme j'ai le vertige (malgré le garde-corps, le vent m'impressionnait trop) je suis resté à l'intérieur. Quant au Musée de la Marine, dont le toit en terrasse n'est accessible que par un étroit escalier extérieur, Justine s'y est aussi rendue seule. N'ayez pas le vertige, ça gâche.Après cette journée bien remplie, nous avons fait une petite escale à la pâtisserie Bonaparte, et (après un retour à l'hôtel et une petite sieste), une promenade sur les hauteurs, admirant au passage le coucher de soleil depuis l'un des panoramas, dans Toompea, où les ambassades ressemblent à des maisons ordinaires. Malheureusement, cette promenade nous emmena bien après l'heure de fermeture des cuisines des différents bars-restaurants (même ceux qui ferment bien plus tard qu'à 23h), et nous avons finalement "dîné" sur les marches de l'Hôtel de Ville de sandwiches confectionnés par nos soins, après s'être fournis dans une épicerie voisine. Un café au Tristan&Isolde, et nous voici de retour à l'hôtel, où l'ascenseur est toujours en panne, et les Allemands toujours bruyants, secondés ce soir par des Italiens. Le bar allait fermer, mais j'ai obtenu deux bières juste à temps, pour pouvoir rédiger cette petite chronique le gosier suffisamment humecté. Et demain, Helsinki.
L'Estonie envahie par les Teutons [J+3]
Je l'admets, j'exagère. Ce n'est pas l'Estonie, juste notre hôtel. Et "Teutons" est un terme sans doute un peu épique pour décrire une horde de touristes Allemands (sans doute un car: ils semblent se connaître tous) du troisième age. Ils sont arrivés aux environs de 6h30-7h00, il n'y avait aucun moyen de l'ignorer. Malgré le double vitrage de notre chambre (qui donne dans un petit patio, voir photo ci-dessous, fort agréable quand il est calme: la dernière fenêtre en haut à droite, c'est la nôtre), on se serait cru à la Pentecôte, les Apôtres multipliés comme des petits pains, si ce n'est qu'ils ne parlaient pas en langues mais en une seule langue, et vous devinez laquelle.
Sorti du lit vers 7h30 (après 3/4 d'heure de vaines tentatives pour sinon me rendormir du moins somnoler un peu), je me précipitai donc vers le petit déjeuner. Les envahisseurs occupaient déjà la salle, toute la salle! j'ai dû attendre dans le patio qu'une table se libère. J'avais une vue imprenable sur les escaliers qui déversaient vague après vague de teutons chenus (pourquoi ne prenaient-ils pas l'ascenseur? c'est expliqué plus loin).A peine débarqués, les Allemands avaient dû rejoindre leur chambre quelques instants seulement, et redescendaient pour dévaliser le buffet: quand Justine est arrivée, ils avaient épuisé la provision de harengs à la moutarde. Le cottage cheese aussi, mais il fut rechargé peu après. Une raison de les détester. La seconde est que l'un des leurs a bloqué les ascenseurs. (C'est injuste, de dire ça, il était coincé dans un ascenseur quand la panne s'est produite, mais je ne résiste pas à le blâmer!)
samedi 4 août 2007
Eesti Vabaohumuuseum II [J+2]
L'écomusée est un endroit merveilleux. Charmé par les anciennes photographies visibles ici ou là, j'ai décidé de jouer moi aussi un peu avec mon appareil, et d'essayer de rendre aux reconstructions l'aspect qu'elles auraient eu, eussent-elles été fixées par une pellicule (ou plutôt une plaque) aussi contemporaine de que possible de leur usage
(toutes, rappelons-le, ayant été transportées, elles devaient être en usage au moment des débuts de la photographie). Voici quelques-uns des résultats de mes efforts.Nous n'avons jusqu'ici trouvé aucune explication du nom curieusement italien du lieu-dit Rocca al Mare (si ce n'est évidemment la mer...) mais gageons que cela viendra. Un conseil, si vous vous rendez sur les lieux: arrivez tôt (pas comme nous) et prévoyez le pique-nique sur place (au lieu de le consommer, comme nous, avant d'y arriver), par exemple en vous approvisionnant dans l'immense centre commercial voisin de l'arrêt du tram.
Des aires de pique-nique sont soigneusement disposées à proximité de la mer, la vue est charmante. On peut aussi profiter de la location de vélos. En quittant les lieux, ne manquez pas d'acheter le catalogue du musée, qui reproduit tous les plans des bâtiments reconstruits. Vous planifierez d'autant mieux votre seconde (!) visite. Quant à nous, nous y retournerons: le musée ferme à 20h, mais il semble que les bâtiments dont on peut visiter l'intérieur soient fermés au public un peu plus tôt. Ainsi, nous n'avons pu voir que l'extérieur de l'école du village, alors que l'intérieur avait l'air charmant.
Nous sommes rentrés un peu fourbus, et n'avons mis les pieds dehors que le temps d'un tour infructueux dans la vielle ville. Le pub sur lequel nous avions ce soir jeté notre dévolus étant plein à craquer, nous nous sommes rapatriés vers le bar de l'hôtel, et (à l'instant où j'écris) nous nous préparons à aller nous coucher, tôt, en prévision du "Welcome to Tallinn by bike Tour" (départ à 11h, tout de même). Bonne nuit, et à demain.
Eesti Vabaohumuuseum I [J+2]
Vu le temps qu'il faisait aujourd'hui (cf. le post précédent), nous nous sommes dit que nous allions céder à la mode locale qui consiste à converger vers les parcs durant le week-end. Nous sommes donc allés nous mettre au vert à l'écomusée de Tallinn, qui est un gigantesque parc à l'ouest de la ville, où ont été reconstruites des maisons en bois de paysans et de pêcheurs des 18e et 19e siècles. Je vous conseille le chemin jusqu'au parc en trolleybus (n° 6), qui est très "couleur locale" et nous a fait traverser quelques faubourgs tout ce qu'il y a de plus soviétique, écorchés de-ci de-là par de gigantesques zones d'activités (entendez des regroupements de divers supermarchés et de Mc Do) modernes. Le parc est d'ailleurs perdu derrière une de ces zones, en face du zoo.
Après une petite trotte, nous sommes enfin arrivés au lieu de toutes nos espérances (maritimes, pour moi; bucoliques, pour Emmanuel) et nous avons entrepris la visite dudit parc. Elle commence par la reconstruction (j'insiste sur le terme, car ce ne sont pas des reconstitutions, mais bien des maisons qui ont été déplacées de leur lieu originel et reconstruites dans le parc) d'une gigantesque ferme dans laquelle on peut rentrer pour voir les différentes pièces et outils utilisés. Le plus surprenant est que ces fermes étaient pour la plupart des "granges-habitat", où étaient stockés pêle-mêle (bon, j'exagère peut-être un peu) le grain, les outils, les gens et les provisions.
Un autre truc rigolo est ce qu'ils appellent la "cuisine d'été", une espèce de petite cahute où ils
faisaient, comme son nom l'indique, la cuisine durant la période estivale, mais aussi la lessive et le brassage de la bière. L'un des plus curieux exemples de ces cuisines d'été est fourni par une sorte de hutte de branchages dont nous avons appris qu'elle descendait de l'habitat des tribus finno-ugriennes. Je me demande bien comment ils arrivaient à survivre là-dedans vu le froid polaire qui règne dans ces régions en hiver, mais bon...
Après une petite trotte, nous sommes enfin arrivés au lieu de toutes nos espérances (maritimes, pour moi; bucoliques, pour Emmanuel) et nous avons entrepris la visite dudit parc. Elle commence par la reconstruction (j'insiste sur le terme, car ce ne sont pas des reconstitutions, mais bien des maisons qui ont été déplacées de leur lieu originel et reconstruites dans le parc) d'une gigantesque ferme dans laquelle on peut rentrer pour voir les différentes pièces et outils utilisés. Le plus surprenant est que ces fermes étaient pour la plupart des "granges-habitat", où étaient stockés pêle-mêle (bon, j'exagère peut-être un peu) le grain, les outils, les gens et les provisions.Un autre truc rigolo est ce qu'ils appellent la "cuisine d'été", une espèce de petite cahute où ils
faisaient, comme son nom l'indique, la cuisine durant la période estivale, mais aussi la lessive et le brassage de la bière. L'un des plus curieux exemples de ces cuisines d'été est fourni par une sorte de hutte de branchages dont nous avons appris qu'elle descendait de l'habitat des tribus finno-ugriennes. Je me demande bien comment ils arrivaient à survivre là-dedans vu le froid polaire qui règne dans ces régions en hiver, mais bon...
Out of the blue... [J+1/J+2]
A tous les fâcheux qui ne jurent que par le sud pour leurs vacances, un petit message: je n'ai jamais vu autant de bleu de ma vie qu'ici. Il fait aujourd'hui un temps absolument magnifique, le soleil brille dans un ciel d'un bleu immaculé, la Baltique est d'un bleu pétrole à la fois clair et profond... C'est magique !
Sinon, en réponse au post d'Emmanuel, je dois dire que la Guinness "is not that much good for you". Le retour hier soir à l'hôtel a été épique: avez-vous déjà essayé de marcher droit avec des talons sur des pavés gros comme des pastèques (et dont ils ont la forme aussi d'ailleurs) alors que vous sortez d'un pub lesté de quelques litres de bière (blonde, certes, locale, oui, mais quand même...) ? Je peux vous dire que l'exercice est périlleux. Malgré cela, nous avons victorieusement vaincu l'adversité et sommes rentrés à bon port, à défaut d'être en bon état.
Il faut dire que la journée avait été bien remplie. Devant l'absence persistante de la valise d'Emmanuel, nous sommes allés lui acheter quelques vêtements de première nécessité. Pour cela, direction le Viru Keskus, LE centre commercial de Tallinn, une espèce d'immense môle dédié à la (sur-)consommation de masse, plein de boutiques fashion et autres lieux de perdition. Un genre de méga-Euralille ou de forum de Halles, pour ceux qui connaissent, mais en beaucoup plus moderne. Bref, nous avons fini par dégoter un Zara, qui nous a permis de faire le plein de tee-shirts adaptés à la musculature avantageuse de mon homme.
Ensuite, petit crochet par le Stockmann local, une filiale des galeries farfouillettes locales (finlandaises, en fait) pour compléter l'habillement. Nous sommes retournés à l'hôtel déposer nos emplettes, et là... devinez quoi? Eh oui, la valise du sieur Genot était revenue de sa petite escapade à Copenhague. Quel bonheur ! Tous les tee-shirts et les caleçons en double... le paradis, quoi!
Pris d'une petite faim, nous sommes ressortis faire des emplettes au supermarché local, le Rimi, et nous avons mangé nos victuailles sur les étendues herbeuses des remparts de la vieille ville. Puis une petite balade digestive à la recherche d'un café, que nous avons pris dans l'un des bars les plus hype de Tallinn, le Pegasus, où le café "doppio" d'Emmanuel s'est transformé en verre de Guinness (eh oui, déjà) à cause de je ne sais quelle distorsion spatio-temporelle entre la prononciation d'Emmanuel et l'oreille de la serveuse. Retour ensuite à l'hôtel pour une petite sieste bien méritée.
Comme vous le voyez, la vie est dure, et les vacances ont très mal commencé !
A bientôt pour de nouvelle aventures.
Sinon, en réponse au post d'Emmanuel, je dois dire que la Guinness "is not that much good for you". Le retour hier soir à l'hôtel a été épique: avez-vous déjà essayé de marcher droit avec des talons sur des pavés gros comme des pastèques (et dont ils ont la forme aussi d'ailleurs) alors que vous sortez d'un pub lesté de quelques litres de bière (blonde, certes, locale, oui, mais quand même...) ? Je peux vous dire que l'exercice est périlleux. Malgré cela, nous avons victorieusement vaincu l'adversité et sommes rentrés à bon port, à défaut d'être en bon état.Il faut dire que la journée avait été bien remplie. Devant l'absence persistante de la valise d'Emmanuel, nous sommes allés lui acheter quelques vêtements de première nécessité. Pour cela, direction le Viru Keskus, LE centre commercial de Tallinn, une espèce d'immense môle dédié à la (sur-)consommation de masse, plein de boutiques fashion et autres lieux de perdition. Un genre de méga-Euralille ou de forum de Halles, pour ceux qui connaissent, mais en beaucoup plus moderne. Bref, nous avons fini par dégoter un Zara, qui nous a permis de faire le plein de tee-shirts adaptés à la musculature avantageuse de mon homme.
Ensuite, petit crochet par le Stockmann local, une filiale des galeries farfouillettes locales (finlandaises, en fait) pour compléter l'habillement. Nous sommes retournés à l'hôtel déposer nos emplettes, et là... devinez quoi? Eh oui, la valise du sieur Genot était revenue de sa petite escapade à Copenhague. Quel bonheur ! Tous les tee-shirts et les caleçons en double... le paradis, quoi!
Pris d'une petite faim, nous sommes ressortis faire des emplettes au supermarché local, le Rimi, et nous avons mangé nos victuailles sur les étendues herbeuses des remparts de la vieille ville. Puis une petite balade digestive à la recherche d'un café, que nous avons pris dans l'un des bars les plus hype de Tallinn, le Pegasus, où le café "doppio" d'Emmanuel s'est transformé en verre de Guinness (eh oui, déjà) à cause de je ne sais quelle distorsion spatio-temporelle entre la prononciation d'Emmanuel et l'oreille de la serveuse. Retour ensuite à l'hôtel pour une petite sieste bien méritée.
Comme vous le voyez, la vie est dure, et les vacances ont très mal commencé !
A bientôt pour de nouvelle aventures.
Harengs au petit déjeuner, dîner liquide... [J+1]
Cela faisait près de trente ans (si, si, je vous assure) que je n'avais pas mangé de harengs au petit déjeuner. J'ai tellement aimé que je me suis resservi. Deux fois. La dernière fois, c'était sur les bords de la mer de Galilée, et je ne suis même plus très sûr de mes propres souvenirs. En fait, je crois me rappeler avoir pris des roll-mops, avec du fromage blanc au paprika, et ne pas avoir fini mon assiette...
En dehors de cela, fidèle à nos habitudes, nous avons dégoté un pub "irlandais" à moins d'un quart d'heure à pied de l'hôtel, Molly Malone. A Rome, l'année dernière, nous en avions trouvé un plus proche, mais nous avions mis quelques jours de plus. Un excellent groupe Estonien (jouant de la musique Irlandaise) chauffait la salle, tant et si bien que nous sommes restés la soirée, jusqu'à leur départ. Je n'ai pas fini ma quatrième Guiness (le groupe est parti, après un rappel, presque au moment où la pinte m'a été servie...). La brièveté de la description de cette journée n'a pas d'autre responsable.
jeudi 2 août 2007
Vana Tallinn [Jour J]
Croyez-le ou non, voici ce que l'on peut voir juste en sortant de l'hôtel, avant de gagner la vielle ville (à deux pas dudit hôtel, qui est également fort opportunément situé à une encablure du port, et de ses ferries qui nous mèneront d'ici quelques jours à Helsinki).
J'admets que les images sont savamment cadrées, mais la "réalité" ne fait pas un effet si différent de ça.
Pour la suite, autant jouer cartes sur table, et faire fi de l'alibi culturel: cette fin d'après-midi et ce soir, la visite de la vielle ville de Tallinn (dont on voit ici la porte la plus proche de l'hôtel) avait essentiellement pour but de satisfaire, non notre curiosité, mais notre estomac. Suivant le Lonely Planet, nous avons dîné au Kompressor, un sympathique restaurant-crêperie fréquenté par les étudiants et... les lecteurs du Lonely Planet. Nous garderons les commentaires pour plus tard (Justine vient de me promettre un commentaire sur la gastronomie estonienne...), mais c'est, comme le promet le guide, à la fois excellent et roboratif.
Une promenade digestive nous a ensuite emmenés jusqu'à la cathédrale Alexandre Nevski, vestige de la "russification" des provinces baltes (fin XIXème). Justine
est restée assise un bon moment sur les marches de la cathédrale, tandis que je mitraillais la façade.Il est assez amusant de constater que le symbole de l'indépendance de l'Estonie, le Parlement, est installé juste en face...
Nous avons continué la promenade, et décidé de tenter notre chance au Tristan&Isolde, petit bar installé sous les arches de l'hôtel de ville. Nous voulions y goûter un café accompagné de
Vana Tallinn, une liqueur locale qui se marie à merveille avec l'expresso (délicieux, dans ce bar, d'ailleurs, à recommander). Malheureusement, leur bouteille était vide, et c'est finalement au bar de l'hôtel que nous en avons dégusté notre premier verre qui, c'est évident, ne sera pas le dernier. Nous en rapporterons, c'est certain, mais il ne faudra pas tarder à passer nous voir, parce que nous n'allons pas laisser vieillir la bouteille...
Nous y sommes... [Jour J]
...Mais sans mes bagages, et on a failli ne pas!
Un conseil: ne jamais, jamais choisir un vol qui parte vers 11 heure en pensant qu'on pourra, sinon faire la grasse matinée, du moins dormir jusqu'à une heure décente. La tentation est grande de décider alors d'arriver vers 10 heures, ce que nous avons fait. Et comme Estonian Air partage ses bureaux d'enregistrement avec pas moins de trois autres compagnies, nous avons terminé notre enregistrement... cinq minutes avant l'heure de départ prévue! Cela nous a néanmoins appris quelque-chose: les Estoniens sont au moins aussi resquilleurs que les Français dans les files d'attentes. Donc, un conseil: partez plus tard, ou si vous ne voulez pas perdre une journée de transport, gardez vos habitudes de partir aux aurores!
Dans l'avion, le voyage fut confortable, mais tout est payant (y compris le café soluble). Le siège à côté de celui de Justine était vide, et il n'y avait que trois ou quatre Français. Une garantie de confort, évitant la pollution sonore (car il est difficile d'ignorer les bêtises proférées dans une langue que nous comprenons). Je n'ai pu résister à prendre une petite photo de ce qui devait être l'ancien bâtiment de l'aéroport international de Tallinn (une piste, une seule piste!).
Quant à mes bagages, ils transitent par Copenhague, et ils ont apparemment la permission de minuit (ils arrivent à 23h30, ils ont l'air rodés, à l'aéroport, ils connaissent ça, avec seulement 4 vols directs par semaine). Ils salueront la petite sirène pour moi.
Un conseil: ne jamais, jamais choisir un vol qui parte vers 11 heure en pensant qu'on pourra, sinon faire la grasse matinée, du moins dormir jusqu'à une heure décente. La tentation est grande de décider alors d'arriver vers 10 heures, ce que nous avons fait. Et comme Estonian Air partage ses bureaux d'enregistrement avec pas moins de trois autres compagnies, nous avons terminé notre enregistrement... cinq minutes avant l'heure de départ prévue! Cela nous a néanmoins appris quelque-chose: les Estoniens sont au moins aussi resquilleurs que les Français dans les files d'attentes. Donc, un conseil: partez plus tard, ou si vous ne voulez pas perdre une journée de transport, gardez vos habitudes de partir aux aurores!
Dans l'avion, le voyage fut confortable, mais tout est payant (y compris le café soluble). Le siège à côté de celui de Justine était vide, et il n'y avait que trois ou quatre Français. Une garantie de confort, évitant la pollution sonore (car il est difficile d'ignorer les bêtises proférées dans une langue que nous comprenons). Je n'ai pu résister à prendre une petite photo de ce qui devait être l'ancien bâtiment de l'aéroport international de Tallinn (une piste, une seule piste!).
Quant à mes bagages, ils transitent par Copenhague, et ils ont apparemment la permission de minuit (ils arrivent à 23h30, ils ont l'air rodés, à l'aéroport, ils connaissent ça, avec seulement 4 vols directs par semaine). Ils salueront la petite sirène pour moi.
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