L'Estonie est vraiment un pays pour moi. D'abord, parce que vu la couleur de mes cheveux et de mes yeux, tout le monde me prend pour une locale, ce qui a l'avantage d'éviter les désagréments du genre de ceux que je subis dès que je passe la Loire, au-delà de laquelle tout le monde s'imagine que parce que je suis blonde, je prends mieux les innombrables sollicitations masculines et pas toujours bienveillantes dont je suis l'objet (je ne dis pas ça pour me vanter, hein, je ne suppose pas avoir d'autre attrait dans ces cas-là que d'être une femme et blonde, justement). Evidemment, le revers de la médaille est que dès que quelqu'un s'adresse à moi, c'est d'abord en estonien, ce qui produit immanquablement chez moi un air ahuri de la plus belle eau, et un air non moins ahuri de la part de l'interlocuteur (le phénomène s'est répété également à Helsinki, en finnois, c'est qu'il doit donc y avoir quelque chose de vrai là-dedans!), avant que nos deux langages s'accordent sur une variante plus anglo-saxonne.
Ensuite, c'est un pays où, dès qu'il se trouve une montée un peu ardue (que ce soit l'escalier menant au clocher d'Oleviste kirik ou Pikk Jalg qui monte vers Toompea), des petits sièges sont disposés à intervalles réguliers du parcours, pour permettre un repos parfois mérité, et de toute façon bienvenu. Remercions les Tallinnois pour cette délicate attention envers les touristes et les petits vieux, les premiers repartant ainsi enchantés par leur visite et non pas harassés par des kilomètres de marche sur les rues pentues et pavées, les seconds évitant ainsi les désagréments d'une crise cardiaque, même si, comme le dit Stendahl, il n'y a pas de mal à mourir en pleine rue pourvu qu'on ne le fasse pas exprès.
Enfin, et c'est peut-être là la chose la plus délicieuse, la variante locale de la terrasse chauffée s'appelle... le plaid. Eh oui, sur la plupart des terrasses, des piles de couvertures soigneusement pliées sur une chaise sont laissées à la disposition des clients pour qu'ils puissent s'y enrouler dès qu'une petite brise rafraîchit l'air. Ceux qui me connaissent bien imagineront sans peine mon ravissement quand j'ai vu que je pourrais me tenir sur les terrasses tallinnoises à peu près dans la même posture et la même tenue que sur mon canapé lillois, c'est-à-dire soigneusement enveloppée dans un gigantesque plaid en polaire. Malheureusement, la canicule de ce mois d'août a rendu l'usage des plaids quelque peu inutile pour l'instant, mais je compte bien revenir sous des cieux plus cléments (et donc plus froids) pour profiter de ce petit plaisir local et faire ainsi ma "mémère" à Tallinn.
samedi 11 août 2007
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire