Après la journée d'hier, le réveil ce matin fut difficile, et la mise en route encore plus. Nous avons décollé tard dans la matinée, ayant remis à plus tard l'idée d'une autre balade à vélo dans la ville. Nous sommes plutôt allés faire un petit tour dans un charmant
quartier du nord de la ville, tout près de notre hôtel, Kalamaja. C'est en fait le plus ancien faubourg de Tallinn, occupé dès le Moyen-Age par des pêcheurs (encore une petite leçon linguistique: Kalamaja signifie "Maison de poisson" en estonien). Les maisons sont en bois, entourées de petits jardins, et un parc que traverse une voie ferrée (désaffectée, ou pas, c'est difficile de dire en Estonie, la population locale considérant le train comme un moyen de transport datant de l'arrivée des premières tribus finno-ougriennes sur le territoire) termine le quartier. Le tout donne, évidemment, sur la mer, ce qui ne gâche rien.
Nous sommes ensuite redescendus vers la ville en faisant un petit détour par Jaama Turg (je sais, le site est en russe ou en estonien, ce qui ne nous aide pas beaucoup, mais bon...), le marché russe de Tallin, une espèce de version locale du souk marocain, moins tassé mais tout aussi chaotique, dont les petites échoppes sont remplies de tout un bric-à-brac improbable, allant des DVD pour enfants aux cornichons malossols, en passant par une meuleuse-fraiseuse et une caisse à chat (dans le même stand, si! si!). Une mention spéciale doit être faite pour une boutique de brocanteur spécialisé dans les vestiges de l'ère soviétique, où Emmanuel a dû me retenir pour que je n'en ressorte pas avec un portrait de Lénine (une superbe peinture, encadrée!) ou tout un stock d'affiches réalistes-socialistes contre l'alcoolisme du travailleur.
Petite étape ensuite à Püha Vaimu kirik, une jolie église gothique du XIVe s., où j'ai déposé une bougie à l'intention de deux voyageurs français rencontrés la veille et qui nous avaient demandé de prier de toutes nos forces pour qu'ils trouvent un moyen de rejoindre l'isthme de Courlande depuis la Lettonie. Espérons qu'ils ont trouvé!
Après cette immersion dans le prolétariat russe et la spiritualité luthérienne, nous avons visité le musée d'architecture de Tallinn, enfin, surtout Emmanuel, parce que j'étais tellement fatiguée que je me suis trouvé un canapé à l'étage où j'ai pu comater tout en regardant d'un oeil distrait un documentaire passionnant en estonien sur les techniques de constructions industrielles de la région. Cela dit, le musée est absolument remarquable, tant par sa structure (c'est un ancien grenier à sel) que par ses expositions, qui présentent des maquettes des diverses traditions architecturales estoniennes, depuis les maisons en bois traditionnelles jusqu'aux immeubles modernes, en passant par les réalisations fonctionnalistes tout à fait surprenantes. On a ainsi pu voir que Saarinen avait réalisé plusieurs bâtiments en Estonie.
Le soir, dîner au Honky Tonk, un restaurant tex-mex très sympathique où nous avions déjà fait étape hier soir, dont la cuisine est absolument délicieuse. Qui l'eût cru? Trouver des burritos aussi bons au bord de la Baltique, ainsi qu'un chili mémorable au sujet duquel Emmanuel n'a pas tari d'éloges tout au long du repas, prouve une fois de plus qu'on peut trouver de l'exotisme épicé même dans les contrées reculées du grand nord.Bref, encore une fois, la journée fut bien remplie. Et comme demain est la dernière, je crains qu'elle le soit tout autant!
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